Poudre de perlimpinpin

Deux très bons reportages de Cash Investigation nous ont montré l’envers du décor pour les salariés de deux boîtes de référence dans leur secteur : LIDL et FREE.

Chez LIDL, la condition de salarié permet difficilement de passer la période d’essai, et pour les plus résistants, conduit tout droit à l’inaptitude au poste. Il faut dire qu’avec des manipulations équivalent à 8 tonnes de marchandise dans la journée, le corps trouve vite ses limites. Sans compter le dialogue inepte mais incessant avec le robot qui communique en permanence ses ordres au salarié constamment sous casque et qui ne peut même pas dire bonjour à un collègue …

Précarité et atteinte à la santé et à la dignité des salariés, il y aurait là matière à légiférer.

Chez FREE, le reportage nous montre l’anti syndicalisme cynique de cette société qui revendique le bonheur au travail (dans la novlangue de bois habituelle). Après un débrayage de 3 heures, le centre d’appel concerné voit ses recrutements s’arrêter et plus de 200 licenciements au fil de l’eau. La plupart des licenciements le sont pour faute grave, la boîte ayant compris que ce type de licenciement lui fait faire de sérieuses économies (les indemnités légales et préavis). En effet peu de salariés ont le courage d’aller aux prud’hommes, d’autant plus que FREE fait systématiquement appel ce qui peut décourager des salariés déjà précaires.

Après ces deux excellents reportages, la ministre du travail était interviewée. En se gardant bien de condamner les deux sociétés en question, elle sort son joker qui est le dialogue social insuffisant, qui selon elle est la solution à tous les problèmes

On en vient aux ordonnances, et Elise LUCET compare le cas du salarié victime d’un licenciement abusif chez FREE et qui a obtenu 6 mois de salaire d’indemnités par les prud’hommes. Et que pourrait-il obtenir après les ordonnances Macron demande la journaliste.

Mme Penicaud biaise sans répondre précisément. C’est la journaliste qui donne la réponse : manifestement il n’aurait droit qu’à un mois de salaire car il a moins d’un an d’ancienneté.

La ministre du travail qui patauge pas mal, se défend alors en disant que le barème adopté est une moyenne des jugements existants qui permettra de traiter les salariés sur un pied d’égalité et donc qu’ils seront gagnants. Elle affirme par ailleurs  que le juge a toujours le pouvoir de moduler entre le plancher et le plafond du barème.

Deux mensonges en si peu de temps qu’un autre exemple simple permet de démontrer : un salarié qui avait 2 ans d’ancienneté dans une boîte comme FREE obtenait légalement un MINIMUM de 6 mois de salaire pour licenciement abusif avant les ordonnances Macron. Après les ordonnances il obtiendra 3 mois de salaire MAXIMUM, soit 2 fois moins.

Quand au pouvoir de modulation du juge, il est pour le moins proche de zéro, puisque le minimum ET le maximum sont tous les deux fixés à 3 mois de salaire. C’est en effet une particularité de ce barème pour une ancienneté de 2 ans !

Les licenciements des patrons voyous ont donc de beaux jours devant eux.

Et la poudre de perlimpinpin a de l’avenir en Macronie !

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