Pulvériser au jardin : oui, mais avec modération

En jardinage biologique, on n’est pas à l’abri d’attaques diverses et variées sur les fruits et légumes.

Bien sûr il faut rechercher un certain équilibre : équilibre du sol (les apports inconsidérés d’azote facilitent les attaques de pucerons par exemple) et équilibre relatif entre les « nuisibles » et les « utiles ». Les termes nuisibles et utiles devant être relativisés , car vu du jardinier soucieux de protéger ses récoltes. Votre chat domestique se révèle en ce sens plus nuisible que la plupart des oiseaux qu’il chasse.

Aux grands mots pouvant survenir, la lutte biologique apporte quelques réponses. Et un pulvérisateur de 1 à 5 litres (selon la surface du jardin ou du verger) est un investissement indispensable. Pour les traitements curatifs ou en prévention, ce pulvérisateur sera très utile.

Il y a les envahisseurs à fort pouvoir destructeur, pucerons, chenilles, limaces ou escargots, mais il y a aussi les maladies cryptogamiques (dues à une espèce de champignon parasite) comme le mildiou, l’oïdium, la rouille, la moniliose…

Même en acceptant une part de risque, difficile d’ignorer totalement le mildiou ou l’oïdium si on souhaite manger des tomates, des courgettes, des concombres, des aubergines tout l’été.

De la pluie, des températures comprises entre 15 et 25° sur plusieurs jours favoriseront ces 2 champignons.

En 2015, juin a été particulièrement pourri, tous mes plants de tomate ont été foudroyés par le mildiou, malgré un traitement à la bouillie bordelaise une dizaine de jours avant. Une semaine sans surveillance des plants a suffi.

Lorsque les tiges et les fruits sont atteints, il n’y a plus rien à sauver. J’ai malgré tout réussi à conserver 2 pieds de tomates cerises, après un gros nettoyage des parties contaminées et … un traitement au bicarbonate.

En effet, après l’échec du traitement au cuivre (sans doute lessivé), et quelques recherches sur internet, j’ai tenté le bicarbonate de sodium.

J’ai pu constater un arrêt sur les 2 pieds restant, que le mildiou était stoppé, bien que les marques noires subsistent. En fait le mildiou reprendra en octobre, après une production honorable de ces 2 plants et un été « bicarbonaté ». Peut-être aurais je du essayer de sauver les autres plants également.

Cette expérience a été l’occasion d’arrêter les traitements au cuivre, qui ont comme inconvénients (même si autorisé en jardinage biologique) de créer une accumulation dans le sol. Et contrairement au bicarbonate, il est toxique.

En 2015, 2016 et 2017, j’ai étendu l’usage du bicarbonate à l’ensemble des tomates, mais aussi aux aubergines, poivrons, concombres, courgettes, vigne, rosiers et prunier. Pas un usage systématique, mais en fonction des épisodes pluvieux.

Selon, ce que j’ai pu lire ici et là, le bicarbonate de sodium empêche le développement des champignons parasites et il aurait un aspect cicatrisant.

En 2017, avec un été difficile, j’ai constaté sur un pied de vigne mal exposé qui présentait régulièrement les signes de diverses maladies, l’état impeccable du raisin. L’effet m’a paru moins évident sur les attaques d’oïdium, juste un ralentissement de la progression.

Le bicarbonate de sodium m’apparaît assez polyvalent et conviendra bien aux jardiniers comme moi, qui ne veulent pas utiliser 50 produits différents, et limiter les traitements.

J’utilise le bicarbonate de sodium alimentaire dans les proportions suivantes : 5g/litre. Un mouillant est nécessaire, j’utilise du savon noir ( pour que le produit ne soit pas lessivé après une petite averse). Par temps très pluvieux, je conseillerai de traiter tous les 8 jours.

J’ai trouvé sur le net une recette de solution mère ici (100g pour un litre). Cela évite de préparer la recette à chaque fois. Juste ajouter le savon noir ou autre dans le pulvérisateur et non dans la solution mère.

J’ai constaté que parfois la solution mère cristallisait. Il suffit alors de la réchauffer pour dissoudre.

En résumé, à l’usage,  1/3 de verre à moutarde de solution mère de bicarbonate + une cuillère à café de savon noir avec un litre d’eau dans mon pulvérisateur. Simple et rapide.

Amis jardiniers, contrairement à M. Macron qui pulvérise les droits des salariés sans discernement, pulvérisez à bon escient en respectant dame nature !

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