Loi travail 2 – Le ver est dans le fruit

Pour faire passer leurs réformes néo libérales de détricotage des droits des salariés, les gouvernements successifs ont besoin de relais au sein de ceux ci. Ce seront eux qui seront invités en permanence dans les médias mainstream pour faire la « pédagogie » de la réforme, en se limitant à une critique « constructive ».

La CFDT a beaucoup donné dans ce registre depuis … les réformes des retraites des années 2000.

Pour la loi travail du précédent gouvernement, la CFDT a effectivement joué ce rôle.

Mais ce rôle s’apparente à celui du fusible, et il va être difficile à la CFDT  de le rejouer dans le contexte de la loi travail XXL en préparation, d’autant que le projet Macron vise également à revenir sur les quelques concessions faites à la CFDT pour qu’elle avalise la loi travail.

FO, de son côté, était clairement dans l’opposition à la loi travail. Mais la position de son leader Jean-Claude Mailly, depuis l’annonce de la loi travail Macron par ordonnance, est pour le moins ambigüe.

Alors que la présentation des ordonnances doit être faite aux syndicats à compter du 22 août, le secrétaire général de FO sur France Inter ne parle toujours pas de mobilisation, estimant que la négociation n’est pas fermée.

Déjà, les conditions de cette nouvelle concertation (et non négociation), montrent clairement le caractère autoritaire du projet : 2 heures prévues pour chaque OS, sans avoir les documents avant la séance, et sans pouvoir en obtenir une copie après, tandis que les médias sont tenus à l’écart. C’est bien évidemment la méthode Macron, dans ce qu’elle a de plus autoritaire et anti démocratique.

Mais ceci ne semble aucunement gêner M. Mailly, qui se prépare à disputer à la CFDT, le rôle d’accompagnateur privilégié des réformes néo libérales du gouvernement.

Il y a à ceci une explication simple qui est que la participation à la mobilisation contre la loi travail n’a pas été vécue par la centrale syndicale comme un moteur de la progression de l’influence du syndicat, mais plutôt l’inverse, car le moteur était du côté de la CGT, voire de Solidaires ou des mouvements de la jeunesse. Et la mesure de la représentativité des OS a donné la CFDT en tête, ce qui pourrait faire croire que sa stratégie est récompensée. En réalité, la mesure de la représentativité syndicale se fait dans le temps et ne prends pas en compte les événements les plus récents…

D’une certaine manière on peut le constater aujourd’hui pour FO : le ver est dans le fruit.

 

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