Le temps des cerises

N’en déplaise à M. Macron, qui a des affinités pour Versailles, le temps des cerises reviendra.
Et voilà comment on passe rapide de la cour au jardin.

En 2017, avec un été précoce, le grand cerisier qui nous fournit l’ombre dans le jardin, a été fidèle au rendez vous. Sa production constante chacune des 17 années depuis notre aménagement, a été en 2017 particulièrement abondante et d’une qualité remarquable.
Certaines années humides, la moniliose gâte rapidement la récolte. Dans le meilleur des cas, les cerises se contentent d’éclater, mais c’est souvent la porte ouverte aux attaques de pourriture.
Ce ne fut pas le cas cette année.
La production du cerisier fait des heureux dans la famille, chez les amis et les voisins. Chez les oiseaux aussi, mais ceux ci ne prélèvent qu’une petite partie, sur les branches hautes que, de toute façon, il est difficile d’atteindre.

Pour le temps des cerises, que faut-il prévoir ?

J’utilise l’échelle et l’escabeau. Et j’ai deux petits seaux (seaux à moutarde), l’un qui me suit dans l’arbre, l’autre sur le sol, prêt à recevoir les cerises gâtées. En période de production il faut y être quasiment tous les jours. Cette année le deuxième seau a peu servi, mais certaines années (2016 par exemple avec un mois de juin pourri), j’en jette autant que j’en ramasse. Elles rejoignent ensuite le compost.

J’ai lu beaucoup de choses sur la lutte contre la pourriture des fruits. Je me contente de ramasser le plus de fruits abîmés, mais il est illusoire de vouloir se débarrasser complètement de la moniliose, mieux vaut de mon point de vue la contrôler, en partant du principe qu’il restera toujours assez de cerises indemnes.

Je me contente de mettre des pièges jaunes contre la mouche de la cerise et une bande de glu pour les fourmis qui peuvent très vite monter un élevage de pucerons dans le cerisier, ce qui en cas de forte attaque rend les fruits visqueux pas du tout appétissants.

Quand les manger ?

Cette variété se mange à différents stades de maturité. Au premier stade, jaune et rouge, elles sont craquantes, acidulées. Au second stade, elles sont rouges vifs, toujours craquantes et bien équilibrées entre sucre et acidité. Ensuite, elles deviennent rouge sombre et de plus en plus sucrées.

Nous les préférons aux deux premiers stades, mais c’est une question de goût. Nous en faisons aussi des confitures. Selon la maturité, si elles sont plus ou moins juteuses, le résultat des confitures peut être très différent, ce qui laisse des souvenirs de millésime.

Je taille (légèrement) le cerisier après la fructification pour une raison simple. C’est une variété retombante. Sans taille, les branches finiraient par atteindre le sol. J’ai pu le constater sur un cerisier identique, mais non taillé, dans le même quartier. Les branches atteignaient effectivement le sol. En quelque sorte, il s’agit d’un cerisier pleureur !

Quand nous avons acheté la maison, il y a 17 ans, le cerisier était déjà « un vieux cerisier ». Cela évite d’attendre 15 ans avant d’avoir des récoltes correctes. Mais je ne connais pas la variété. J’en ai repéré plusieurs dans le même quartier, dans cette banlieue sud de Nantes.

Le cerisier après récolte
Le cerisier après récolte

De nombreuses plantes identiques se retrouvent d’ailleurs autour des maisons de cette époque, que ce soit des arbres fruitiers, des arbustes ornementaux ou des fleurs. Quand nous sommes arrivés, il y avait à proximité un Bricomarché qui faisait également jardinerie. J’imagine que leurs promotions régulières orientait les modes paysagères du quartier.